02.12.2006

Scoop - Woody Allen

Lettre à Yannick Rolandeau – auteur de l’excellent livre « le cinéma de Woody Allen »concernant Scoop de Woody Allen.

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Cela fait plusieurs semaines que je tourne la chose dans ma tête. Il faut bien l’avouer, malgré ma mauvaise foi partisane qui me fait voir et revoir sa filmographie avec toujours autant de plaisir et apprécier avec le même empressement et d’indulgence ses chefs d’œuvre et ses films plus mineurs, le dernier opus de Woody Allen m’a déçu. J’avais été ébloui par son opus précédent qui avait été salué unanimement par la critique. Scoop m’apparaît comme un remake fade de Meurtres mystérieux à Manhattan. Une jeune femme soupçonne un notable, apparemment bien sous tout rapport, d’être un meurtrier en série. Woody Allen joue le rôle d’un tiers incrédule, lancé bien malgré lui, dans l’aventure visant à confondre le criminel. Il incarne le personnage de Splendini, un magicien vieillissant et ringard.
Son meilleur rôle de provincial mal dégrossi se frottant à la haute société, il l’a joué dans « fortune cookies » (escrocs mais pas trop). La filiation adoptive sur le tard, il l’a joué dans « anything else ». Le dialogue avec un personnage représentant la mort a été évoqué dans « maudite aphrodite ». Chaque thème de « Scoop » semble voir déjà été abordé par le cinéaste dans ses films précédents. Il n’y ajoute pas grand-chose.

Il pourrait rester l’actrice, Scarlett Johanson, magnifiée dans « Matchpoint » dans son rôle de femme fatale. Ici, sa nouvelle muse est affublée de petites lunettes rondes d’étudiantes qui correspondent bien à son rôle d’apprentie journaliste pour le journal de son école. Elle est moins mise en valeur, moins glamour, et joue à l’économie un rôle de nunuche, maladroite et déterminée.
Ce film ne fait pas avancer l’œuvre de l’auteur.
Même si ce qui caractérise les grands cinéastes ou écrivains, c’est qu’ils reviennent sans cesse à leurs thèmes fétiches. Mais, l’objectif est de chaque fois d’avancer, se dévoiler, compléter. Ici, rien de tout ça. Allen serait-il vampirisé par son personnage de magicien triste, rangé de la vie, de ses fulgurances, aux certitudes établies là où ses doutes continuels en faisait un personnage facétieux, indécis et plein de doutes ?
Il en demeure un divertissement agréable et une déception à la hauteur des attentes suscitées par l’un des derniers grands cinéastes vivants.

Quel est l’opinion du spécialiste des films de Woody Allen que vous êtes ? Quels sont les thèmes abordés, le message sous-jacent ? L’opportunisme journalistique ? L’arrivisme ? Suis-je passé à côté de quelque chose ?

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