06.10.2006

ARDISSON Thierry avec Philippe KIEFFER – Confessions d’un babyboomer

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Thierry ARDISSON avec Philippe KIEFFER – Confessions d’un babyboomer
J’ai lu – 348 pages

Mon opinion :
l’homme en noir (pas Johnny Csh, l'autre) est incontestablement un personnage qui a marqué son époque, celle des années 80. Les années fric, publicité, nightclubbing. Ses mémoires débutent lorsque jeune, il doit sans cesse déménager pour suivre son père employé sur des chantiers.
On suit les évènements en Algérie, les premières écritures, les premières amours. Et puis, il officie comme « disquaire » (DJ) dans une boîte à la mode, le whisky-à-gogo. C’est là que débute sa carrière de dandy touche à tout. Il décrit toutes les étapes de sa carrière, écrivain, animateur, producteur, patron de presse, publicitaire et à chaque fois, j’oscille entre la considération du génie pur (les concepts et la capacité à appliquer les recettes simples de la publicité) et vaste fumisterie (le pompage d’extraits d’un livre des années 30 pour son ouvrage Pondichery, télé zèbre, …). Même la construction de l’ouvrage est originale, conceptuelle et un peu foutage de gueule (les extraits de ses livres anciens resservis toutes les 3 pages pour faire du volume, les extraits d’interviews, …).
C’est passionnant de comprendre comment Ardisson surfe sur les opportunités et arrive à inventer de nouveaux concepts rapidement, de comprendre comment fonctionne les chaînes de TV et comment on peut évoluer dans cet univers.

Extraits : « On voulait changer le monde, c’est le monde qui nous a changés. Mais on s’est bien amusés. On a vécu notre vie comme un roman. On a vécu avec talent. Je ne vais pas te la jouer nostalgique, je macère pas dans le trip genre : « c’était mieux avant »., mais je pense souvent à mes premiers voyages, à cette espèce de soif d’absolu, cet appétit de vivre comme de se détruire … Et, forcément, j’ai le regret d’une forme de jeunesse innocente et dévastatrice. On serait des bâtisseurs de rêves. On allait plier la planète à no désirs. On ne ferait pas les mêmes conneries que nos vieux.

Evidemment, trente ans plus tard, il y a comme un malaise.

(…) On voulait jouir. On se croyait géniaux, on était juste égoïstes ».

Commentaires

il me fait penser un peu à Bowie...
C'est le genre à surfer avec talent sur les opportunités...
Pour Bowie, c'est la zique
pour Ardisson la TV...
Un très beau texte de C Baudelaire sur la modernité:

" Ainsi il va, il court, il cherche. Que cherche -t-il ? A coup sûr, cet homme, tel que je l'ai dépeint, ce solitaire doué d'une imagination active, toujours voyageant à travers le grand désert d'hommes, a un but plus élevé que celui du pur flâneur, un but plus général, autre que le plaisir fugitif de la circonstance. Il cherche ce quelque chose qu'on nous permettra d'appeler la modernité ; car il ne se présente pas de meileur mot pour exprimer l'idée en question. Il s'agit, pour lui, de dégager de la mode ce qu'elle peut contenir de poétique dans l'historique, de tirer l'éternel du transitoire".
Charles Baudelaire in Le peintre de la vie moderne, IV de la modernité

Ecrit par : dom | 26.01.2007

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