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06.05.2006

Alain Rémond - Chaque jour est un adieu

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Editions du Seuil (2000)

Présentation de l’éditeur :

" Je sursaute à cette seule idée : d'autres gens y habitent, dans notre maison. Et ça reste complètement insupportable. Combien de temps a-t-elle été à nous ? J'avais six ans quand on s'y est installés. J'en avais vingt-cinq à la mort de ma mère, quand elle a été vendue. Pourtant, je n'arriverai jamais à en parler autrement que de notre maison. On y a été tellement heureux et parfois, aussi, si totalement désespérés, nous tous, les dix enfants. Et nos parents. J'habite loin de Trans, maintenant, depuis longtemps, mais il m'arrive de repasser devant la maison, en tremblant. Et c'est comme si je me brûlais, en approchant de la fenêtre. Parce qu'en même temps que ce bonheur, il y a eu trop de malheur. "

Mon opinion :

Un témoignage émouvant sur la jeunesse normande puis bretonne de l’auteur. Une jeunesse marquée par la guerre, la cohabitation avec ses neuf frères et sœurs, les relations difficiles entre le père devenu alcoolique et la mère, les jeux. Les instants de bonheur au milieu de la cour, des poules et des cochons ou dans la nature environnante cohabitent avec les difficultés de l’époque. Le monde merveilleux créé par les enfants permet de leur faire oublier les retours difficiles de leur père, le soir. Ces épopées imaginaires qu’ils s’inventent sur la base des illustrés de l’époque est un rempart à la guerre entre leurs parents dont ils perçoivent l’intensité sans jamais l’évoquer ouvertement. Ce récit est aussi un travail de deuil, celui du temps qui passe, de l’innocence qui s’enfuie, de sa sœur perdue dans des conditions difficiles après une longue dépression, de son père mort à 53 ans (l’age de l’auteur au moment où il écrit sa biographie), de sa mère disparue brutalement. Une écriture juste et émouvante.

Extraits :

« Forcément, le nombre d'enfants et le nombre de lits, on dormait à plusieurs dans le même lit. Tête-bêche, s'il le fallait. Ça favorisait les discussions, les conversations, tard dans la nuit. Surtout dans la chambre des filles. L'hiver on se chauffait avec des briques. On mettait les briques dans le four de la cuisinière, le soir. Quand elles étaient bien chaudes on les enveloppait de papier journal. Et on les mettait au fond du lit, un peu avant d'aller se coucher ».

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Commentaires

Une question :

Le village dont parle Alain Rémond dans " Chaque jour est un adieu" est-ce bien Trans-La-Forêt ? Savez-vous combien d'habitants il y a dans ce village ?

D'avance merci

Ecrit par : Nathalie | 25.01.2007

Sa maison d'enfance est bien située dans le village de Trans-la-Forêt. Ce village est situé entre Bazouges et Couesnon. Il compte moins de 600 habitants.

Ecrit par : Castor | 25.01.2007

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