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16.02.2006
Les années live
Les débuts
A 11 ans, j’assistais à mon premier spectacle : un récital de Nicole Croisille à l’Olympia, en avril 1978, avec Jairo en première partie.
Mais il me faudra attendre encore deux années pour assister à un véritable concert de rock. Ce sera Moon Martin à Brest, à la Penfeld, en compagnie de Fred et Dom. A l’époque, le chanteur est porté par deux tubes « Bad News » qui restera vingt semaines dans les charts français et « bad case of loving you » qui passait en boucle en discothèque. De plus, Johnny Halliday, Bette Midler, Mink Deville, Dave Edmunds, Nick Lowe, Johnny Rivers ont repris certains de ses morceaux. Il fit les premières parties de Jimmy Hendrix, Janis Joplin, Creedance Clearwater et Canned Heat avec son groupe « Southwind » puis lorsqu’il fut plus connu, il tourna avec Cheap Trick et Police.
Est-ce ce concert qui changea sinon ma vie, du moins certaines perspectives la concernant ? Après cette soirée, j’enchaînais les concerts et vécus de très grands moments.
Philippe Manœuvre parle de « ces instants artistiques et créatifs inouïs, véritables miracles qui peuvent transformer un être humain en lui faisant frôler l’Olympe où s’ébattent les Dieux les plus anciens ».
C’est lui qui me publiera dans un hors série Rock’n Folk « absolutely live » en décembre 1997 :
Qu’est-ce qui fait un bon concert ? On ne peut pas lui donner tort à Lester Bangs quand il déclare qu’il faut revenir (pour les concerts) aux clubs, aux bars, aux endroits où on peut goûter la musique décemment. Chercher l’intimité avec un groupe pour vivre sa musique sans la subir, être avec les musiciens, pouvoir suivre l’intensité des décibels, participer à une rencontre mutuelle sans décor carton pâte, mise en scène outrancière, fard, paillettes et récupération sponsorisée. Tout simplement le bonheur d’être là, à écouter de la bonne musique. De la bonne musique … sans balancer, j’en ai vu un paquet de Spinal Tap débutants qui trébuchaient pathétiquement sur les amplis, des gras du bide torses nus singeant les poses de leurs idoles, le talent en moins. Des fins de carrière en pilotage automatique (the Inmates) qui sont restés scotchés à leurs trois tubes série Z. Les balances interminables, les sons minables.
Mais tous ces ratés ne sont-ils pas le prix à payer pour profiter encore d’un peu d’improvisation, de décontraction, de naturel, de talent, d’authentique (le mot est lâché) ? « Live » veut dire vivant, non ? Vous trouvez ces vieilles momies de groupes quinquagénaires en sempiternelle réformation très vivants, vous ? Vos Rolling Stones, c’est réglé comme le pape à Saint-Anne d’Auray. Même foule hagarde pour suivre un pantin sur écran géant, même sens de l’improvisation.
Alors, mes grands moments de concert ?
Décor : avril 1989, San-Francisco, un petit bouge de quartier avec une scène et Chris Isaak, sans file d’attente ni groupies excitées. Juste un billard, des types locaux accoudés au bar, la sempiternelle Bud dans une main, plus intéressés par le jeu TV que par l’idole kitch. Lui, dans un décor de fête musette, trois musiciens et sa gueule de jeune premier.
Haute tension – mon premier concert, le 22/01/1981, la tournée Back in Black à Brest, quelle gifle ! Un concert historique puisque pour la première fois en Europe son nouveau chanteur Brian Johnson était présenté au public. Ca pétait la watt dans tous les sens, la sueur brûlait les yeux, le souffle court à la recherche d’air, de l’énergie à l’état pur.
Factice : l’intro de « Riders from the storm », Robby Krieger, guitariste des feus Doors, dans un centre commercial à Rouen, devant les gros notables de la ville.
Pitoyable : le chanteur des Lyres se faisant vider de son propre concert après avoir jeté l’orgue sur le premier rang à Rennes.
Dommage : le groupe TC Matic en première partie de Simple Minds à Bercy se faisant littéralement jeter à coups de gobelets (ils devaient splitter quelques jours plus tard).
Frédéric Garat fait remarquer dans un article dans RFImusique: « Déjà en 1985, en pleine vague new wave, en première partie de Simple Minds à Paris-Bercy, Arno et ses T.C. Matic se faisaient huer alors qu'ils chantaient : "Putain ! Putain ! C'est vachement bien, on est quand même tous des Européens ! ".
"C'était nous contre le monde entier. Personne ne jouait de la musique comme nous. On était au plafond avec notre bazar !" se souvient le leader de ce groupe défunt. De nos jours, qui se souvient des Simple Minds ?!? Alors que tout le monde chante en rappel des concerts d'Arno cet hymne ironique et pro-communautaire... »
Touchant : l’intro de « Time after Time » reprise d’un morceau popularisé par Cindy Lauper sous la trompette d’un Miles Davis fatigué, hautain et génial quelques semaines avant sa mort en septembre 1991. Il commença son concert à l’heure dans une salle vide, le public étant retardé par un service d’ordre débordé et peu efficace puis joua l’essentiel des morceaux le dos tourné aux spectateurs..
Tout ceux que je ne reverrais plus car disparus peu après comme Gainsbourg flamboyant à Quimper puis pathétique à Rennes (le 20/04/1988), Nougaro tout en finesse simplement accompagné d’un pianiste.
Comment oublier Jo Strummer et ses Clash au festival Elixir ?
Excitant : l’after-show des Fleshtones dans un parking sous la pluie (partout où l’on peut les voir).
Intello : Lou Reed devant un parterre d’étudiants de Berkeley pour sa tournée à l’époque de la sortie de son album New-York.
Vibrant : les vocalises Human Beat de the Roots aux Transmusicales.
Et puis, tant d’autres moments à partager, tout aussi rares, qui font que, malgré la fatigue, la pluie, le froid, les fins de mois et tout le reste, quelques irréductibles passionnés préfèrent encore se taper un petit concert en club que s’avachir devant leur télé.
Et puis les festivals d’été et leurs riches programmations (Rock Scène en juillet 1985, Elixir, Rock à Paris, les Vieilles Charrues), les têtes d’affiche (Rolling Stones, U2, …), les groupes mythiques (les Flamin Groovies), les premières soirées techno avec les débuts de Carl Cox (en 1993), Prodigy (en 1994), Chemical Brothers, Saint-Germain (en 1996), Daft Punk, Laurent Garnier, ...
Les hasards
A un retour de Californie, je voyageais à quelques fauteuils de Franck Black.
Sur le seuil d’un restaurant, nous demandons notre chemin à un couple qui sort. Il s’agit de Paul Personne et sa femme.
Au rappel d’un concert de la dernière tournée du groupe Téléphone, Jean-Louis Aubert m’emprunte ma casquette et la porte sur deux chansons avant de me la restituer. Une photo et le témoignage d’Hubert immortaliseront et authentifieront l’anecdote dans la cour du collège.
Peel poil
Le couloir de la salle de la Cité était un haut lieu de rencontres insolites lors des nuits de concerts du festival hivernal des trans-musicales. On y croisait les figures du rock rennais, les journalistes de la presse rock nationale, les artistes simples spectateurs comme Stephan Eicher, des responsables de labels et de majors, un paquet d’allumés et de passionnés.
Dans un brouhaha assourdissant et une cohue pressante, on y échange les dernières combines (réelles ou imaginaires) pour se procurer un pass (tu écris à Arte pour adhérer à l’association « les amis d’Arte » et les organisateurs te filent d’office le pass, etc.), on commente les performances des derniers concerts.
C’est en 1995 que le guitariste de David Peel & the lower East Side me demanda l’adresse d’une prostituée et d’une « droguerie » pour acheter du vin rouge. Nous évoquons les frasques du leader de son groupe. David Peel « est une des légendes qui hante l'imaginaire du Lower East Side, le quartier des artistes de New York. Chanteur de rue, survivant de la Beat Generation, il incarne à merveille la figure du héros "Kerouacien", céleste et illuminé. Les compositions de David Peel sont imprégnées de la folie du bitume de New-York, des galeries et de la joie de la marginalité, de feu l'esprit des années 70. Joyeusement provocateur, il termine le set par "The Pope Smoke Dope", le morceau de la célébrité que produisit son ami John Lennon » Source : La Griffe 2 décembre 1995.
Il partagea l’affiche du MC5, de Chuck Berry, des Stooges, de Franck Zappa et même Stevie Wonder et nous évoquons ensemble, avec comme bruit de fond les nappes électro du groupe japonais Audio Active du label ON- U-SOUND qui fête son 15ème anniversaire, le New York de Patti Smith, du Velvet et de Television. Pour finir, je lui transmettais le numéro de téléphone d’une amie qui pourrait au moins lui fournir du vin rouge. Pour le reste …
Interviews
Lors de concerts donnés dans le cadre de la fête de l’humanité au parc expo de Penfeld à Brest (qui fut l’occasion d’applaudir the Opposition, un groupe new-wave dans l’esprit de the Cure, the Chameleons et qui fut ma bande-son durant les années 80), j’ai eu l’occasion d’accompagner un copain qui animait une émission sur les ondes d’une radio locale de Lesneven. Sans complexe, nous avons sollicité les organisateurs pour interviewer le groupe The Animals.
Ce groupe de rock mené par Eric Burdon a marqué les années 60 en Angleterre et fut un des pionniers du blues revival avec les Rolling Stones avec qui ils partageront les charts en 1964 lors de la sortie de leur tube planétaire « the house of the rising sun » (qui sera reprise par Johnny Hallyday sous le nom de "Les Portes du Pénitencier"). Leur autre grand succès, Don't Let Me be Misunderstood, fut adapté dans une version disco très populaire.
Le service d’ordre nous laissa passer jusqu’au backstage. Une simple caravane, minuscule derrière l’immense échafaudage de la scène, faisait office de coulisse à ce groupe mythique. Les jambes flageolantes à l’idée de se retrouver devant ces légendes, nous avons poussé la porte blanche. Tout était en place pour recevoir les héros : cartouches de cigarettes, bouteilles d’alcool, corbeilles de fruit. Mais les animaux n’étaient pas en vue et l’occasion de les avoir sous notre micro ne se représenta plus. En lot de consolation, nous avons obtenu d’interroger un chanteur africain qui ensoleilla Brest de sa prestation colorée. Il s’exprimait en français mais nous n’avons pas compris le sens de ses paroles à cause de son fort accent.
Plus tard, j’assistais en simple spectateur à une interview de Charlélie Couture pour une radio locale brestoise. A l’époque, je suis fan de l’artiste, connais chacune de ses chansons par cœur et ne rate aucun de ses concerts (Brest, Morlaix, Concarneau en 1989, Rennes). Finalement, des années plus tard, lors du festival littéraire des Etonnants voyageurs à Saint-Malo, accompagné de mes enfants, je croisais Charlélie dans une petite salle expo de peinture. Nous étions seuls et je m'adressai à mon fils pour lui indiquer la présence de l'artiste.
- Tu vois, c’est Charlélie Couture. Un grand artiste français que papa aime beaucoup.
- Ouais… ben quoi ?
Je croisais le regard de Charlélie et nous avons souri. C’est mon fils qui a raison. Abolissons la distance médiatique avec les artistes et concentrons-nous sur leurs œuvres.
Fleshtones
En 1988, je passais de l’autre côté du miroir en visitant les loges de l’UBU pour une interview des Fleshtones pour le compte d’une radio étudiante rennaise. Ce groupe new-yorkais créé en 1975 est adepte du revival garage et des guitares fuzz.
J’avais préparé avec sérieux mes questions sur un cahier scolaire. Ils étaient là, face à moi quelques heures avant leur concert. Un entourage de fidèles les accompagnait. Je posais fébrilement ma première question à propos de leur dernier album : « what do you mean by … ». Peter Zaremba me répondis avec beaucoup d’humour, tout le monde s’esclaffait. Puis Keith Streng pris longuement la parole, attirant l’attention de son auditoire. Puis, le silence se fit et tout le monde me regarda. Je n’avais pas compris un mot de leur réponse et souriait bêtement jusqu’à la fin de l’interview.
Les Fleshtones font partie du cercle restreint des groupes dont je suit chaque prestation se déroulant dans un rayon de 200 kms (avec the Inmates, les Nashville Pussy, Nine Below Zero). Que de souvenirs de leurs délires scéniques ! Je les ai découverts dans une salle du quartier de l’Harteloire à Brest. Ce soir là, ils ont réussi à mettre toute la salle à genoux pendant 10 minutes. A Evreux, ils finirent leur concert sur le bar de la salle de l’Abordage, à Landerneau, dans la salle du Family, le chanteur fit plusieurs fois le tour de la salle perché sur les épaules d’un grand gaillard bondissant. A l’annonce de leur venue de nouveau dans cette petite ville finistérienne, je m’empressais d’acheter mon billet et obtins le premier billet vendu. « Numéro 00001 » était inscrit sur le billet de couleur jaune. A l’époque, je vendais des photocopieurs Xerox et disposais de matériel performant. L’idée me vint de copier ce billet pour en faire profiter Hubert, Dom et Marie. Le plus délicat était de pré découper en pointillé au cutter le talon devant être arraché à l’entrée. Nous y avons passé l’après-midi, inquiets que notre stratagème ne fut découvert par un des cerbères contrôlant l’entrée. Nous avions décidé de nous répartir dans la file d’attente pour ne pas attirer l’attention. D’un air faussement détaché, nous avons tendu le petit billet jaune qui fut déchiré sans soucis. Ce soir là, quatre spectateurs détenaient un billet numéro 1 au concert des Fleshtones. Les Dogs assuraient la première partie et lorsqu’ils entonnèrent « too much class for the neighborhood », nous l’avons pris pour nous.
Cela faisait longtemps que je souhaitais que Brigitte assiste à un concert des Fleshtones. Je l’invitais lors de leur venue à l’Exo 7 de Rouen. Grand concert, le groupe est au meilleur de sa forme, nous jouons des coudes au premier rang, hurlant les refrains en chœur mais Brigitte, fatiguée et peu enthousiaste souhaite rentrer. Nous nous dégageons péniblement et tentons d’atteindre la sortie. Presque arrivés aux portes de l’établissement, au moment de monter l’escalier, nous sentons les regards tournés vers nous. Pourquoi tout le monde nous observe-t-il ? Puis, deux bras vigoureux nous prennent par les épaules pour nous inviter à retourner près de la scène. Nous nous retournons et découvrons Peter Zaremba, en sueur, qui continue à chanter en nous ramenant vers les premiers rangs à travers le public hilare.
Le show vire au délire. Le groupe quitte la scène et nous sortons en le suivant en procession scandant des shala, shalala, shalalalala jusqu’au parking. Le batteur a apporté sa grosse caisse, il monte sur le capot d’une voiture. Le guitariste est resté branché à distance et l’on entend au loin, en résonance du fond de la salle de concert, les riffs nerveux de son instrument. Le chanteur se démène comme un diable et longtemps, nous restons dehors à taper dans les mains.
Bien sûr, ces ambiances sont possibles dans des petites salles. Lors de leur prestation au 24 heures du Mans moto, l’importance de la foule ne leur permis pas ces fantaisies (même si Zaremba entrepris d’escalader la scène).
Au Mondo Bizarro à Rennes, la salle est petite, l’ambiance surchauffée. C’est une fournaise, un vrai sauna. Nous sommes trempés, Peter Zaremba m’asperge d’eau, une moitié de bouteille sur la tête, j’ai les pieds qui font floc, floc. Puis, le concert terminé, le groupe forme une haie d’honneur pour saluer chaleureusement et remercier chaque spectateur de la salle.
Ils finiront la soirée au bar abolissant la distance entre l’artiste et son public.
Iggy Pop
Un midi, attablé à la terrasse d’un bar, je relisais la pochette de l’album « American Caesar » d’Iggy Pop (tout spécialement les nouvelles paroles de sa reprise de Louie Louie (qu’il reprenait déjà à l’époque des Stooges). Je découvre écrit en italique et petits caractères une invitation à écrire à l’iguane et son engagement à répondre. Je sortis une belle page blanche et lui décrivis l’excitation que j’avais à l’annonce de sa venue à Brest, tout le respect que j’avais pour sa période Stooges et ses hymnes d’éternel adolescent rebelle. Plusieurs mois ont passé et j’ai complètement oublié l’envoi de ce courrier lorsque je reçois une lettre provenant d’Allemagne. Ayant des amis résidant dans cette ville, j’ouvre l’enveloppe et parcours rapidement le courrier sans en comprendre le sens. Qui est-ce ? Pourquoi m’écrire en anglais ? A qui appartient cette écriture mal assurée, tremblotante, hésitante ? La lettre est signée Iggy Pop.
Une anecdote qui situe bien le personnage et recueillie dans son autobiographie (I need more – édition le serpent à plumes) : « Who’s who in America m’a écrit : « Cher M. Osterberg, vous avez été sélectionné pour figurer … » et patati et patata. « Nous vous serions gré de bien vouloir remplir le formulaire ci-joint et de nous le retourner (…) Un article dans le Who’s Who in America témoignera de la contribution que vous avez apportée dans votre domaine, en temps que citoyen américain. » Ça m’a scié. J’ai laissé traîner cette lettre dans la chambre pendant un moment et un jour, il y a cette nana qui se pointe. Elle a dit : « vous n’allez pas le remplir en entier. » Ils vous demandent de faire la liste de vos accomplissements majeurs, des fonctions que vous avez exercées … Moi, j’aurai parlé de ma bite ou d’un truc dans ce goût là. Mais elle crevait d’envie de le toucher, de toucher les mots. Ca m’a servi de leçon, une étude de la nature humaine ».
Intégrité rock, bêtise de crétin post adolescent, refus des convenances sociales et des honneurs, de s’intégrer dans une communauté nantie et bien en vue ? Dans tous les cas, une belle illustration de ce que devrait être le rock aujourd’hui.
Et tous les autres
C’est lors de leur tournée Stiff Upper Lipp que je retrouvais AC/DC au Stade de France le 22 juin 2001 (avec Offspring en première partie) avec mon pote Stéphane, grand gaillard brestois, dont la compagnie me permis de traîner tard le soir dans les mauvais quartiers. Quelques mois avant cette tournée, j’assistais à un salon professionnel au CNIL de la Défense. Pressurisé par l’environnement professionnel, pressé par un emploi du temps chargé, je tombais par hasard sur une publicité vantant les mérites du nouvel album des australiens et informant de leur dédicace au Virgin Mégastore des Champs Elysées. Je quittais cravate et rendez-vous pour rejoindre Angus Young et ses comparses. J’étais fier d’affirmer une fidélité aux premiers émois adolescent. Touch too much !
Comment ne pas citer le concert de réformation des Béruriers noirs dans la salle du Liberté à Rennes ? Virginie Despentes écrira dans Rock’n Folk : « …le compte à rebours démarre. Des vitres explosent, une odeur de lacrymo chatouille puis déchire les narines des premiers rangs. (…) Dès le premier morceau, ça bouge et ondule jusqu’à la consonne. (…) C’est un joyeux bordel par moments, mais ça ne démotive pas une seule seconde le public rayonnant, fou de joie et débordant d’énergie, à exploser ».
L’émotion d’Elliot Murphy ? Nine Below Zero version électrique à l’Ubu puis acoustique à Angers ? Bowie en 1990 lors de sa tournée Sound and Vision qui passait par Bercy, puis au Parc des Princes (avec Placebo en première partie), puis à Rennes Saint-Jacques pour un concert truffé de raretés (époque Low) ? Les Rolling Stones, tournée « Urban jungle », le 23 juin 1990 au parc des princes et cette impression que Mick Jagger te regarde toi et toi seul, tu es à quelques mètres seulement de lui quand Keith Richards gratte l’intro de Satisfaction.
Finalement que retenir de toutes ces nuits à écouter ces guitares hurlées, de toutes ces contorsions sonores? De la déception et de l’ennui parfois, du plaisir souvent, de l’émotion, de la passion et une formidable énergie communicative.
Interrogé à ce sujet, Iggy Pop avoue que « la proximité du bourdonnement électrique en arrière plan et cet incroyable sentiment de bouillonnement et de puissance, tu vois. Quand tu commences à cohabiter avec cette puissance, tu deviens son témoin. Tu te laisses dangereusement aller. Je ne pourrais pas m’en passer ».
18:15 Publié dans Journal de la vie qui passe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rock


